Il y a quelques mois, j'ai lu le résumé d'un livre. Cela donnait à peu près ceci:
Les quelques vingt personnes qui se trouvaient dans ce restaurant de Tel Aviv cette après-midi là sont tous mort.
Une jeune arabe s'est fait sauté, une bombe sanglée à la taille.
Le soir venu, le médecin légiste découvre la kamikaze avec effroi:
sous ses yeux, git le corps (ou du moins ce qu'il en reste) de sa femme.
La question m'est venu dans l'instant qui a suivit ma lecture:
qu'à-t-il pu se passer dans la tête de cette femme au moment où elle s'est transformée en bombe humaine?
J'ai pasé la nuit à pleurer.
Je suis fatiguée, je crois.
Je ne suis plus sûre de grand chose.
je sens le doute tenter de s'installer dans mon esprit
mais je ne faillis pas.
Je suis déterminée.
Je sais ce que je fais.
Tout est calculé.
Je ressere la sangle d'un cran.
Elle me serre,
c'est désagréable.
Mais quelque part ce geste me donne du courrage.
Un peu comme si je l'avais déjà fait auparravant,
comme si c'était une habitude,
comme si je maîtrisait la situation.
Je sors de la camionette.
Mon coeur s'accélère.
En fait je sais même pas
S'il bat trop vite... ou plus du tout.
Une enclume m'est tombée sur la tête.
Tout semble tourner à une vitesse folle autour de moi.
J'ai l'impression que je vais m'effondrer.
J'ai le soufle court.
Ma tête est vide, je ne pense à rien.
Je me demande même si c'est bien moi qui ordone à mes pieds de me faire avancer,
mes pieds sous lesquels je sens le sol se dérober.
Ca y est, j'y suis.
Je n'ai aucune idée du nombre personne qui m'entournent.
Tout est flou.
Les sons ont du mal à parvenir à mes oreilles
ce n'est qu'un bourdonnement qui me donne le vertige.
Tout s'enchaîne, tout va si vite.
Mais alors qu'il ne me reste que quelques seconde
Le temps s'emble s'être arrêté.
On dit qu'avant de mourir
On voit sa vie défiler.
Je ne vois pourtant qu'un voile blanc devant mes yeux.
Sans doute dois-je pleurer.
Je ne sais pas.
L'angoisse me prend aux tripes.
Un bruit déchire mes oreilles.
Mon propre hulement.